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serfati

« Finir la guerre », un premier roman prometteur 06/05/2015

Michel Serfati a publié son premier roman début mars 2015. Sobrement intitulé « Finir la guerre », il mêle subtilement une quête personnelle, celle d’un fils qui cherche à comprendre son père, aux affres et aux douloureux souvenirs de la guerre d’Algérie.


Coup de projecteur sur cet ouvrage et sur son auteur.

 

Ce roman est-il une autobiographie ? C’est ce qu’on serait tenté d’affirmer mais il s’agit en réalité d’une fiction, inventée de toutes pièces par Michel Serfati. Si ses origines algériennes ont très vraisemblablement inspiré l’écriture de cet ouvrage et certains de ses aspects, les péripéties et les rebondissements qui jalonnent le récit relèvent de la fiction. Né en 1953 à Belfort, Michel Serfati vit aujourd’hui dans un petit village du sud de l’Alsace, près de Mulhouse. Ouvrier puis éducateur spécialisé, il a exercé son métier dans différentes structures de la région. Il a également été cadre et formateur dans un établissement pour personnes handicapées.  Désormais retraité, il a choisi de s’accorder du temps pour l’écriture et publie « Finir la guerre », son premier roman, aux éditions Phébus.  

 

Finir la guerre, une intrigue bien ficelée…

Le suicide de Daniel, un homme secret, laisse son fils Alex face à de nombreuses interrogations. Cet enseignant, qui réside en Alsace, est divorcé, il ne voit son fils qu’à de rares occasions et n’a que peu d’attaches familiales. Désireux de connaitre les raisons qui ont poussé son père à commettre l’irréparable, il est notamment intrigué par une lettre, arrivée quelques jours plus tôt d’Algérie. Cette dernière est de la main de Kahina, la fille de Skander, un homme mystérieux qui envoyait régulièrement des colis à la famille à l’occasion des fêtes de fin d’année. Elle y annonce la mort de son père… Est-ce cette nouvelle qui a éprouvé Daniel au point de lui donner envie d’en finir ? Quelles étaient les relations ces deux hommes ? A première vue tout les oppose, l’un était un soldat français, l’autre algérien, ce qui laisse supposer les conditions tragiques de leur rencontre. On sait simplement que le premier aurait eu un geste héroïque à l’égard du second… Mais pourquoi se suicider plus de cinquante ans après les faits ? Les deux événements sont-ils réellement liés ? Afin d’en apprendre davantage sur son père et ses propres racines, Alex décide, après mure réflexion, d’appeler l’auteure de la lettre et de se rendre en Algérie afin de la rencontrer : débute alors un voyage poignant qui révèle l’histoire familiale mais aussi celle de tout un pays, marqué par la guerre.

 

sur fond de réminiscence de la guerre d’Algérie

Si cette histoire est avant tout celle d’un homme qui cherche à comprendre son père, ce récit s’intéresse également de près à la guerre d’Algérie et surtout à ses dommages collatéraux - dont le pays peine aujourd’hui encore à se remettre. Ce texte s’interroge également sur les relations entre la France et l’Algérie. Il parcourt l’histoire de ce deuxième pays sur plusieurs décennies, des affres de la guerre aux années de terreur qui suivirent. En effet, plus de cinquante ans après la fin de la guerre, ces questions sont toujours d’actualité et méritent qu’on s’y attarde, notamment à travers la fiction : peut-être que la littérature constitue le meilleur moyen de s’adresser aux jeunes générations et de renouer des liens défaits. C’est en tout cas le pari qu’ont tenté plusieurs auteurs – nous pensons notamment à Laurent Mauvignier et Sylvain Prudhomme. L’ouvrage de Michel Serfati s’inscrit dans cette lignée.

 

Une œuvre saluée par la critique

Critiques littéraire et lecteurs se rejoignent pour saluer la qualité de ce premier roman. De nombreux librairies, comme la Librairie Kléber à Strasbourg, par exemple ont choisi de le placer parmi leurs coups de cœur. Les amateurs du genre apprécieront l’attention que l’auteur a portée à l’histoire et à ses subtilités ; les autres seront séduits par les relations qui se tissent entre les personnages et par l’histoire d’amour qui nait au fil des pages et apporte une touche de légèreté appréciable à l’ensemble – loin de nous la volonté d’en révéler davantage mais c’est bien sans surprise aucune que la relation entre Kahina et Alex va évoluer jusqu’à transformer leurs existences respectives. Rendez-vous en librairie sans plus tarder pour en découvrir davantage !

 

Michel Serfati dédicacera son roman, le samedi 6 juin prochain à partir de 14h30, à la Fnac de Mulhouse  – dans la limite des places disponibles, renseignements par téléphone au 03 89 36 55 52.

 

Michel Serfati, « Finir la guerre », Phébus Editions, mars 2015 – disponible dès à présent en librairie

 

Texte : Zoé Fugler