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Autour d’Ernest et Célestine 10/05/2015

Le Centre de l’illustration de la Médiathèque André Malraux, à Strasbourg, consacrait récemment une exposition à Ernest et Célestine. Une belle occasion de se pencher sur ces ouvrages cultes de la littérature jeunesse.


Gabrielle Vincent, une artiste polyvalente auteure d’une série à succès

Née à Bruxelles le 9 septembre 1928, Monique Martin fait des études de dessin et de peinture et se consacre d’abord à la création d’œuvres plastiques. Elle s’illustre alors par réalisation de peintures et d’aquarelles dont les critiques soulignent la qualité. Sa carrière prend un nouveau tournant au début des années 1980 lorsqu’elle se lance dans l’illustration et l’écriture d’albums jeunesse et adopte le pseudonyme Gabrielle Vincent qui mêle les prénoms de ses deux grands-parents – précisons que l’illustration n’a, à cette époque, pas encore gagné ses lettres de noblesse et n’est pas jugée digne d’un artiste plasticien, ce qui explique peut-être en partie le choix de ce pseudonyme. Débute alors la série Ernest et Célestine qui lui permet d’acquérir une renommée internationale. Précisons que Gabrielle Vincent a également écrit d’autres ouvrages à succès, toujours à destination du jeune public, nous pensons notamment à « La Petite marionnette » (1992), « Au Bonheur des chats » (1995), « La Montgolfière » (1996) et « Un Jour, un chien » (1982). Grâce à ses livres pour enfants, elle s’est vu décerner de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix du meilleur livre de jeunesse, au Salon du livre de Montreuil, ou encore le Sankei Children’s books Publications Prize au Japon, en 1984. L’artiste belge ne s’adresse donc pas uniquement à un public francophone et a su charmer au-delà des frontières.

 

Ernest et Célestine, un ouvrage emblématique de la littérature jeunesse

Les premières aventures d’Ernest et Célestine paraissent en 1981 avec l’album Ernest et Célestine ont perdu Siméon, qui retrace la quête d’un doudou égaré. Plus de vingt-cinq albums, publiés du vivant de Gabrielle Vincent suivront. Ces histoires racontent le quotidien d’Ernest, un ours au grand cœur, et de Célestine, une petite souris au caractère bien trempé. Qui dit quotidien dit petits bonheurs, grandes joies, contrariétés minimes ou bien plus graves : on aborde la perte d’un doudou mais aussi l’amitié, la tolérance, l’adoption, la maladie ou encore la pauvreté. Autant de thèmes expliqués de façon simple et décomplexée aux jeunes lecteurs. A ces sujets universels s’ajoutent des illustrations sobres et colorées, au charme indéniable. Toutes réalisées à l’aquarelle, elles affichent une certaine spontanéité : en effet, l’artiste ne réalise qu’une vingtaine de versions d’une même illustration et conserve la plus juste.

La justesse et l‘universalité des illustrations et des thèmes abordés ont assuré un succès sans faille à Ernest et Célestine. Créée il y a plus de trente ans, la série s’impose aujourd’hui encore comme un classique incontournable de la littérature jeunesse. Les nombreuses rééditions de ces albums montrent que ces personnages hauts en couleur séduisent toujours les jeunes enfants mais aussi leurs parents, que leur enfance ait été bercée ou non par les histoires de Gabrielle Vincent.

 

Ernest et Célestine, une adaptation cinématographique réussie qui permet de (re)découvrir autrement les albums de Gabrielle Vincent

Le succès de cette série culte est une nouvelle fois confirmé en décembre 2012 avec la sortie d’Ernest et Célestine, un film d’animation belgo-franco-luxembourgeois. Réalisé par Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner, ce dessin animé en deux dimensions reste fidèle aux ouvrages de Gabrielle Vincent, d’autant que cette dernière avait refusé tout projet d’adaptation de son vivant... C’est Daniel Pennac qui s’est chargé de l’écriture du scénario. Le film reprend les personnages, leurs relations ainsi que leurs histoires et s’inspire de l’univers graphique des ouvrages afin que le rendu plastique soit conforme à l’original et permette de (re)découvrir cette série culte dans les meilleures conditions possibles. La qualité de cette adaptation lui a d’ailleurs permis d’être nommée aux Oscars l’année dernière, dans la catégorie meilleur film d’animation.

 

La Fondation Monique Martin s’est fixé comme objectif de mettre en valeur l’ensemble des œuvres de l’artiste. En effet, si ses illustrations sont aujourd’hui connues du grand public, son travail d’artiste peintre reste méconnu et mérite pourtant qu’on s’y attarde. Cette institution participe ainsi à l’organisation d’expositions, notamment en Belgique. Deux accrochages sont d’ailleurs programmés à Bruxelles cet été : « Bruxelles par Monique Martin » et « Ernest et Célestine, quand les livres s’animent ». La Fondation a également participé à l’exposition « Ernest et Célestine – Eclats de vie, magie de l’instant » qui s’est déroulée du 13 mars au 2 mai dernier à la Médiathèque André Malraux et qui a permis au public alsacien d’en apprendre davantage sur ses œuvres.

 

Texte : Zoé Fugler