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Affiche 1914 La Mort des poetes

"1914, la mort des poètes" 03/01/2015

Zoom sur l’exposition « 1914, la mort des poètes » à découvrir à la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, depuis le 22 novembre 2014 et jusqu’au 1er février 2015.

Trois poètes au destin funeste

 

Pour marquer sa réouverture et sa complète métamorphose, et pour commémorer le centenaire de la Première guerre mondiale, la BNU propose une exposition autour de trois poètes européens, morts pendant la guerre, Charles Péguy, Ernst Stadler et Wilfred Owen. Trois poètes, trois nationalités différentes mais un même destin funeste.

BNU entrée exposition 1914 La Mort des poètes

Charles Péguy est un poète français né le 7 janvier 1873. Il meurt le 5 septembre 1914, aux premiers jours de la bataille de l’Ourcq, touché d’une balle au front. Ernst Stadler, poète allemand né à Colmar le 11 août 1883 et traducteur de Charles Péguy, est tué quelques semaines plus tard, le 30 octobre dans les Flandres, par un obus anglais. Wilfred Owen est un poète anglais né le 18 mars 1893. Il meurt une semaine avant la signature de l’armistice, le 4 novembre 1918 lors de la grande offensive finale à Ors, dans le nord de la France.

L’exposition « 1914, la mort des poètes » met à l’honneur ces trois poètes, morts trop tôt sur le champ de bataille. En partenariat avec les Archives littéraires allemandes de Marbach et la Bibliothèque bodléienne d’Oxford, la BNU commémore le centenaire de la Grande Guerre à travers ces trois figures littéraires tombées sur les champs de bataille. L’exposition constitue le dernier volet du cycle Guerre et Archives qui rassemble une série d’exposition proposées par ces trois partenaires.

En plus du destin funeste de ces trois grands noms de la poésie européenne, l’exposition met en avant cette même volonté de transmettre, à travers leur art, le trouble de l’époque qu’ils vécurent tous trois. L’on peut alors se questionner sur le sens profond de leur œuvre et y chercher des indices, des pistes pour comprendre la Grande Guerre, les raisons d’une telle absurdité, cent ans plus tard.

 

Au cœur même de l’exposition

 

Les œuvres poétiques de Charles Péguy, d’Ernst Stadler et de Wilfred Owen sont placées au cœur de l’exposition, clé de voûte de ce questionnement. La poésie permet parfois de dire l’indicible et de décrire l’ineffable. Elle permet de s’aventurer là où le langage commun reste impuissant. Elle reste parfois seule capable d’exprimer au plus profond des sentiments, des événements d’une horreur et d’une cruauté que le langage ne peut  s’y essayer.

C’est à travers leurs œuvres directement que la guerre est évoquée dans le cadre de l’exposition. Leurs univers poétiques sont mis en exergue afin d’y percevoir, pour chacun, les bouleversements que constituent les menaces, puis le déclenchement et la guerre en elle-même.

L’exposition s’articule autour de douze thèmes, empruntés aux différents univers poétiques des trois poètes et constituent les différentes problématiques de l’exposition :

 

  • Préludes,
  • Villes,
  • Frontières,
  • Pays,
  • Vie,
  • Guerres,
  • Barbares,
  • Chairs,
  • Mystères,
  • Cathédrales,
  • Verbe,
  • Crépuscule.

 

 

L’exposition met à disposition du public une large série de documents originaux, d’une grande valeur historique.

De nombreux partenariats ont permis d’alimenter les fonds de l’exposition. Le partenariat principal avec les Archives littéraires allemandes, ainsi que la Bibliothèque bodléienne d’Oxford permet à l’exposition de s’enrichir de manuscrits originaux d’Ernst Stadler, notamment son journal de guerre, et de Wilfred Owen. Le Centre Charles Péguy d’Orléans a également participé en confiant des manuscrits de Charles Péguy et des lettres écrites de la main d’Ernst Stadler à l’intention du poète français. De nombreux autres documents manuscrits ont été confiés dans le cadre de l’exposition. La BNU, quant à elle, propose des lettres manuscrites liées à Péguy, qui proviennent du fonds Jacques Maritain qui sera prochainement déposé à la BNU.

Ernst Stadler Journal de guerre

L’exposition permet également de découvrir des éditions originales. Les éditions originales des recueils poétiques ainsi que des travaux universitaires d’Ernst Stadler y sont présentées. Nous y trouvons également l’édition originale Le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy, récemment acquise par la BNU. D’autres éditions originales sont également présentées pour alimenter l’exposition, notamment des éditions originales d’autres écrivains liés aux trois poètes présentés ou d’écrivains également morts au front.

L’exposition présente également des revues, notamment Les Cahiers de la quinzaine de Charles Péguy, dont une grande partie de la collection est conservée par la BNU, ainsi qu’une très grande majorité des revues alsaciennes dans lesquelles Ernst Stadler a publié. D’autres revues provenant de partenaires de l’exposition viennent également compléter le fonds. A ces documents écrits s’ajoutent également des documents iconographiques, gravures, estampes, etc. Certaines de ces iconographies proviennent d’artistes tombés au front. D’autres permettent d’illustrer les courants artistiques de l’avant-guerre, notamment le courant des expressionnistes. Mais majoritairement, il s’agit d’œuvres dont le contenu ou la forme d’expression permet d’illustrer les vies et les œuvres des trois poètes.

Guy Braun La Marche, détail

 

L’exposition est agrémentée, tout au long de son fonctionnement, de conférences, de lectures de textes autour des trois poètes. Un colloque international intitulé « La Lyre et les Armes – Poètes en guerre – Péguy, Stadler, Owen » est organisé du 29 au 31 janvier.

 

« 1914, la mort des poètes », une exposition riche qui permet de mettre en valeur, à travers le destin de trois poètes européens, leur regard poétique et singulier sur la mort et leurs réflexions sur la guerre et ses raisons.

« 1914, la mort des poètes » est à découvrir dans l’espace attribué aux expositions de la BNU, dans l’entrée, jusqu’au 1er février 2015. Plus d’informations sur le site de la BNU.

 

 

Texte : Camille Grossiord