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Georges Ueberschlag

Rencontre avec Georges Ueberschlag 31/07/2014

Rencontre avec l’écrivain, conteur et poète alsacien, Georges Ueberschlag.

Un homme de lettres multiculturel

 

Georges Ueberschlag est né dans le Sundgau, au Sud de l’Alsace. Homme de lettres, il suit une formation de base d’ordre littéraire : baccalauréat  de philosophie, étude des langues et littératures étrangères, se spécialisant dans les langues allemandes et scandinaves. Il compose un mémoire au Centre d’Etudes Européennes de Nancy, intitulé : L’Alsace, province européenne. Il obtient également le diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Agrégé d’allemand, il a également préparé deux doctorats, l’un en allemand centré sur la poésie de Ricarda Huch, le second en études scandinaves sur l’histoire de la Folkhögskola suédoise – les écoles supérieures populaires. Il est alors devenu professeur d’université : « Je me suis laissé happé par la vie, l’ambition de la réussite professionnelle, laissant la poésie végéter et mourir dans son jardin secret. »

 

Cet attrait pour les lettres et la poésie, Georges Ueberschlag l’a très vite ressenti. Jeune étudiant, il faisait déjà partie d’un Cercle de Poésie qui lui a permis de publier ses premiers poèmes, sous le titre de Poèmes étranges. Cette publication, « quasiment confidentielle » est aujourd’hui épuisée.

Puis, ayant choisi une direction certes proche, mais différente de l’écriture poétique à proprement parler, il publie alors de nombreux ouvrages de critique littéraire et des études concernant principalement la littérature suédoise. Georges Ueberschlag est également le fondateur de la revue Germanica, qui paraît toujours actuellement. Il consacrera une grande partie de sa vie active à écrire sur les autres, sur la littérature en générale plutôt qu’à écrire sur lui et pour lui.

 

C’est au moment de la retraite que Georges Ueberschlag retournera à ses premières amours et se consacrera directement et personnellement à la littérature et à la poésie. « Ayant donc consacré  l’essentiel de ma vie au “dehors“, aux autres auteurs et à la traduction de nombreux ouvrages de littérature suédoise, l’envie m’est venue, proche de la retraite, de me tourner vers le “dedans“, d’écrire moi-même. » Désormais, il se consacre pleinement à l’écriture, composant un ouvrage par an, « si les vents me sont favorables ! ». 

 

Son inspiration poétique lui vint de nombreux auteurs et poètes qui l’ont marqué. A la question : « Quels auteurs vous ont donné le goût d’écrire ? », Georges Ueberschlag répond : « Ce sont tous des auteurs enracinés dans leur province. En premier lieu, je citerai mon compatriote René Schickelé, auteur de l’inoubliable Das Erbe am Rhein, imprégné des cultures allemandes et françaises. Puis Ricarda Huch, pour le caractère pur et sublime de sa langue – eine Sprache von Schmelz und Honig –, Franz Werfel aussi et Ernst Wiechert qui se sont penchés tous les deux sur le sort des humbles, non pas pour prêcher la révolution mais la rédemption par la beauté et la bonté. J’y ajouterai Jean Gioni, le chantre de la Provence et Maurice Genevoix qui m’ont également beaucoup marqué, ainsi que, bien sûr, des auteurs scandinaves comme Selma Lagerlöf, écrivain de terroir touchant à l’universel et August Strindberg, génial scrutateur de l’âme humaine, qui écrivit aussi bien en suédois qu’en français ou en allemand. »

Georges Ueberschlag est très sensible à ce mélange et à cette richesse culturel et linguistique, notamment de l’Alsace : « Je contribue dans la mesure de mes moyens aux efforts de tous ceux qui cherchent, aussi bien dans le domaine culturel que politique, à conserver à l’Alsace son authenticité et son rôle de médiateur entre deux cultures, de province européenne. » Son origine alsacienne et l’histoire de cette région qui en découle expliquent-elles l’attrait de Georges Ueberschlag pour une interculturalité, un melting pot culturel et linguistique ?

 

 

« Alsace, cher pays de mon enfance. »

 

Georges Ueberschlag a grandi dans un petit village du sud de l’Alsace, à Folgensbourg. Son enfance fut marquée par la seconde Guerre Mondiale, la mobilisation de son père dans le camp français et le départ de sa famille et de son village, réfugiés dans les landes, sous l’occupation allemande. Il raconte cette histoire, ce moment de sa vie dans le conte « Mon Certificat d’études », paru dans le recueil Trois Contes alsaciens, conte qu’il décrit ainsi : « Ce conte, ou plutôt ce récit, qui tient surtout du conte parce qu’il évoque un passé tendant à devenir quasiment légendaire, se veut aussi une page d’histoire de l’Alsace à une époque particulièrement tourmentée. » Georges Ueberschlag, à travers son souvenir d’enfance, raconte un moment de l’histoire de l’Alsace, un entre-deux incertain, une quête identitaire entre la France d’un côté et l’Allemagne de l’autre. Cette époque historique et commune à l’Alsace est racontée dans ce conte avec la sincérité et, parfois, la naïveté du petit garçon de onze ans qu’il était à l’époque.

 

Georges Ueberschlag est un poète et écrivain intrinsèquement marqué par l’Alsace, par son histoire, par sa richesse culturelle et linguistique.

 

 

Œuvres principales :

 

  • Poèmes étranges
  • Stig Dagerman, ou l’innocence préservée, Editions de l’Elan
  • Ricarda Huch, poète lyrique, Presses Universitaires de Lille
  • La Folkhögskola, Presses Universitaires de Lille
  • Historiettes, Editions CEF
  • Trois Contes alsaciens, Editions CEF
  • Instants. Contes philosophiques, Edition CEF
  • Petites satires idiots, à paraître

 

 

 

Texte : Camille Grossiord