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Boris_Vian

Le Déserteur de Boris Vian a 60 ans 15/02/2014

15 février 1954 - 15 février 2014 : les 60 ans du Déserteur


Le 15 février 1954, il y a exactement 60 ans, Boris Vian écrivait le poème Le Déserteur. Cet écrivain loufoque, inclassable mais génial signe un hymne pacifiste dans un climat très tendu : la guerre d’Indochine n’est même pas finie et celle d’Algérie est sur le point d’éclater.

Boris Vian se lance dans la rédaction d’un poème aux allures de lettre, directement adressé au Président : « Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps. » Il y dénonce la violence de la guerre et y fait l’apologie de la désertion. Gros scandale ! Par pur hasard, la première interprétation en public du poème devenu chanson, interprétée par Marcel Mouloudji, a lieu le 7 mai 1954, jour de la défaite française à Diên Biên Phu. Le Déserteur est alors censurée et interdite de diffusion. Malgré l’interdiction, Vian la reprendra en personne en 1955. La chanson ne sera autorisée qu’après la guerre d’Algérie en 1962. Boris Vian ne le saura jamais, il meurt d’une crise cardiaque le 23 juin 1959, lors de la première de l’adaptation cinématographique de son livre à scandale, J’irai cracher sur vos tombes.

Pouvait-il savoir qu’il ferait partie des plus grands noms de la littérature française ? Génial touche-à-tout, à la fois écrivain, chanteur, trompettiste et critique de jazz, acteur, scénariste, peintre et traducteur, ses œuvres traduisent parfaitement cette profusion d’esprit. Il incarne la richesse et la folie intellectuelles et culturelles des années Saint-Germain-des-Prés.

Boris Vian meurt jeune, à 39 ans, mais il laisse derrière lui une œuvre riche et variée – et sous une longue liste de pseudonymes, celui de Vernon Sullivan reste son plus célèbre. Grand amateur d’absurde, son œuvre est pleine de poésie, d’humour, de calembours et de néologismes. Comme il l’affirme lui-même : « Dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c’est le seul moyen de prouver qu’on a une pensée libre et indépendante. » Son Déserteur est une belle preuve de cette pensée libre et indépendante.


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