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L'onirisme d'Innocenti 02/07/2014

Nous vous l'avions annoncé, l'exposition consacrée à l'illustrateur Roberto Innocenti a été inaugurée début juin à la Médiathèque André Malraux. Coup de projecteur sur cet accrochage.


Roberto Innocenti, sa vie, son œuvre

Roberto Innocenti est né en 1940, près de Florence. Au cours de sa carrière il touche à tout et s'essaye à différents médiums. S'il est d'abord vendeur dans une galerie d'art, cet autodidacte met ensuite son talent au service de domaines artistiques divers et variés. Il est tour à tour dessinateur pour un studio d'animation, graphiste dans le milieu de l'édition de livres mais aussi de magazines, affichiste pour le spectacle vivant, le théâtre, le cinéma. Il choisit ensuite, à la fin des années 1970, de se consacrer à l'illustration. Il réalise alors de nombreux ouvrages pour la jeunesse. En 1982, il illustre une version de Cendrillon. Cet album, qui remporte un franc succès, lance véritablement sa carrière, lui permet de se faire connaître à l'étranger et lui ouvre de nombreuses portes, notamment aux États-Unis. Par la suite, il réinterprète l'univers de plusieurs contes classiques et s'immisce dans l'intimité des héros qui ont bercé notre enfance : il illustre Un Chant de Noël (1990) de Dickens, Casse-Noisettes (1996) de Hoffmann ou encore Les Aventures de Pinocchio (1998) de Collodi.

Parfois, Roberto Innocenti créé des histoires originales. Pour l'élaboration de ces récits inédits, il commence par réaliser une série d'illustrations avant de confier le texte à une tierce personne. Son style, toujours réaliste, est emprunt d'une poésie et d'un onirisme indéniables. La qualité de son trait, combinée au charme de ses images, transportent aisément le lecteur dans son univers et le plonge dans l'histoire.

En 2008, travail de l'artiste est récompensé. En effet, il se voit décerné le prestigieux Prix Hans Christian Andersen, consécration ultime pour un illustrateur, pour l'ensemble de son œuvre.


Un accrochage élégant, riche et coloré

Cet été, la médiathèque André Malraux met à l'honneur le travail de Roberto Innocenti, une belle occasion pour les lecteurs ou les amateurs d'illustrations de se familiariser avec son travail et de (re)découvrir ses dessins. Pour ce faire, les organisateurs et commissaires ont choisi de se focaliser sur deux ouvrages publiés récemment, de les disséquer et de les analyser en profondeur. Ce choix – judicieux – évite de se disperser et permet de prendre conscience de la richesse des albums présentés, de la subtilité du travail de l'illustrateur.


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Ainsi, la salle d'exposition est séparée entre trois espaces distincts. Les deux premiers sont consacrés à La Petite fille en rouge (2013). Ce conte est une interprétation moderne du Petit Chaperon Rouge, ici confronté à la vie urbaine, son immensité, ses dangers. Aujourd'hui, la célèbre petite fille arpente les avenues, traverse au milieu d'une circulation particulièrement dense, contemple des centres commerciaux. 


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La troisième salle est consacrée à La Maison (2010), un ouvrage original qui se détache du reste de son œuvre. En effet, c'est bien sur la maison qu'est centrée l'histoire de cet album, les personnages qui l'habitent ne sont que secondaires. Au fil des planches, Roberto Innocenti retrace la ''vie'' de cette bâtisse, située dans un petit village toscan, et ce tout au long du XXe siècle. On suit la découverte de la ruine, sa restauration au début de la période puis des événements qui rythment le quotidien de ses habitants - mariages, enterrements, moisson, vendanges... La demeure évolue, change, se transforme au fil des décennies, au gré des habitants, jusqu'à devenir méconnaissable dans les années 1990. L'angle de vue reste le même et ne nous présente que la façade de la maison ainsi qu'une partie de son jardin. La mise en page laisse peu de place aux commentaires, seules les dates nous livrent des indices ainsi que certains portraits des occupants...


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La plupart des planches exposées dans cet accrochage sont des gouaches vernissées. On retrouve également des dessins à l'encre de chine, des graphites sur papier calque, des études de personnages ou de perspectives, des tests de compositions confrontés au résultat définitif, des pages de story-boards. La présentation de ces différentes étapes, mais aussi des illustrations en plus grand format, permettent d'apprécier la finesse de ces images et du travail réalisé en amont.


L'étude et la présentation approfondies de ces deux albums offrent un accrochage de qualité. S'il n'est pas exhaustif, il permet de rendre compte du travail de l'artiste. En effet, mettre en parallèle deux ouvrages aussi distincts met en lumière la subtilité et la richesse de l'œuvre de Roberto Innocenti.


Où et quand ?


« Storia – L'Histoire et les histoires de Roberto Innocenti »


Jusqu'au samedi 23 août 2014


Médiathèque André Malraux

Salle d'exposition et Centre de l'Illustration

1 Presqu'île André Malraux

67076 Strasbourg cedex

03 88 45 10 10


Pour plus d'infos, rendez-vous sur le site des médiathèques.


Texte : Zoé Fugler