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L’illustration et la Grande Guerre 16/11/2014

La Médiathèque André Malraux consacre actuellement une exposition aux illustrations produites en France et en Allemagne, pendant la Première Guerre Mondiale. Elle revient sur la véritable guerre d’images que se sont livrée les deux camps, chacun tentant de légitimer sa cause.

 

« La poudre, l'encre et le plomb. Illustrations et contre illustrations durant le premier conflit mondial », une exposition qui soulève de nombreuses questions.

Comme l’indique son titre, le nouvel accrochage de la Médiathèque Malraux s’intéresse à la guerre d’images que se sont livrés les artistes en 14-18. Comment le dessin devient-il une réelle arme offensive ? Comment se transforme-t-il en outil de persuasion ? Comment ces illustrateurs représentent-ils l’ennemi ? Quels sont les thèmes les plus illustrés ? Comment la propagande influence-t-elle ces représentations ? Quel rôle joue la censure, dirigée par le Ministère de la guerre, dans la création et la diffusion de ces images ? Ces différentes questions, abordées au fil de l’exposition, mettent en lumière la complexité des enjeux qui entourent ces illustrations.

 

Le panel de documents présentés

Francophones mais aussi germanophones, les documents rassemblés pour l’occasion témoignent de l’état d’esprit de chacun des deux camps. Les présenter en parallèle permet de mettre en évidence leurs différences mais surtout leurs similitudes et points de convergence. En effet, il est intéressant de voir comment chacun se représente et comment chacun identifie, stigmatise et diabolise l’ennemi – les dirigeants mais aussi les soldats et les citoyens lambda. Chaque camp tente de rallier l’opinion à sa cause et de se décharger de sa part de responsabilité dans le déclenchement du conflit. Pour ce faire, chacun se présente comme la victime d’une attaque sournoise et traîtresse.

Différents supports sont présentés et offrent ainsi une vision riche et variée des canaux utilisés par les artistes pour exprimer leurs visions des choses – ou se faire le messager des discours officiels. On retrouve des planches de bandes dessinées, des couvertures de magazines, des illustrations d’ouvrages, des affiches… La majorité de ces éléments provient des fonds de la médiathèque et n’est que rarement présentée au public.

 

La scénographie

Pour « La poudre, l'encre et le plomb », la salle d’exposition de la médiathèque Malraux est subtilement divisée en dix espaces qui segmentent l’accrochage sans entraver sa continuité. Ce partage de l’espace repose sur les dix règles de Lord Ponsonby, travailliste anglais farouchement opposé à la guerre, auteur d’un ouvrage sur les rouages de la propagande. Dans ce livre, il affirme que la propagande s’exerce toujours de la même manière, quel que soit le conflit. Les zones sont ainsi délimitées selon ces principes élémentaires : « Nous ne voulons pas la guerre », « Les adversaires sont les seuls responsables du conflit », « Nous défendons de nobles buts et une juste cause », « L’adversaire utilise des armes prohibées », « L’ennemi provoque sciemment des atrocités », « Contrairement à l’ennemi, nous ne subissons pas de perte », « L’ennemi est une incarnation du mal », « Les intellectuels et les artistes soutiennent notre cause », « Notre combat à un caractère sacré », « Ceux qui mettent en doute les neuf points précédents sont des traîtres ».

Une telle segmentation permet bien sûr de mettre en avant les similitudes entre les points de vue français et allemand et permet de confronter les deux pays sans les opposer. Les textes mis en parallèle des images reviennent sur ces différents points et soulignent notamment que les rumeurs les plus folles circulent dans les deux camps – l’armée allemande sectionnerait les mains de bébés belges ou enterrerait les mineurs vivants dans les puits tandis que les prêtres belges cacheraient des mitrailleuses sous les autels et offriraient des cafés empoisonnés.


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Si l’ensemble de l’accrochage se focalise sur les dessins plutôt que sur leurs auteurs, quelques personnalités sont tout de même mises en valeur et sortent ainsi du lot, notamment Henri Zislin (1875 – 1958) auquel les organisateurs ont choisi de consacrer une vitrine. Né à Mulhouse, il étudie le dessin industriel. Rapidement, il entre dans la résistance en réaction à la germanisation galopante de l’Alsace. Fort de ses compétences en matière d’illustration, il lance plusieurs revues afin d’exprimer ses opinions, notamment D’r Klapperstei et Dur’s Elsass – deux journaux satiriques parus respectivement de 1903 à 1905 et de 1907 à 1914. Ces parutions lui valent plusieurs démêlés avec la justice allemande mais aussi la sympathie des francophiles. Plusieurs planches de ses magazines sont exposées à la Médiathèque Malraux.


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Où et quand ?

 

« La poudre, l'encre et le plomb. Illustrations et contre illustrations durant le premier conflit mondial »

 

Du 3 octobre 2014 au 17 janvier 2015

 

Médiathèque André Malraux

Salle d'exposition et Centre de l'Illustration

1 Presqu'île André Malraux

67076 Strasbourg cedex

03 88 45 10 10

 

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site des médiathèques.

 

Texte : Zoé Fugler