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L Amour de la marche Philippe Lutz couverture

L’Alsace à lire #3 : « L’Amour de la marche » de Philippe Lutz 30/12/2014

Philippe Lutz signe un hymne à la marche en Alsace et à travers le monde. Un livre qui donne envie de se chausser et de partir sur les sentiers alsaciens et d’ailleurs.

Philippe Lutz est agrégé de lettres classiques. Il a d’abord enseigné avant de diriger jusqu’en 2010 la médiathèque de Sélestat. Il est également photographe et publie sur internet, depuis 1999, la photo du jour. Mais Philippe Lutz est également un amoureux de la marche. Véritable globetrotter, il aime faire l’éloge de sa passion dans ses livres. Déjà à travers son roman Îles grecques, mon amour, publié en septembre 2012 aux éditions Médiapop et qui lui a valu le prix du livre insulaire en 2013. Et en 2013, il partage une nouvelle fois sa passion pour la marche à travers son roman L’Amour de la marche.

 

Les éditions Médiapop, créées en 2009, proposent deux collections de livres. La collection Sublime qui se consacre à la musique. Et la collection Ailleurs qui s’intéresse à tous les « ailleurs », les voyages, des destinations lointaines, ou simplement des moments proches mais qui constituent un ailleurs dans leur force et leur intensité à inviter à l’évasion, comme des petits moments de danse dans un hôpital racontés par la danseuse Geneviève Perrin dans son roman Un même moment d’existence. C’est dans cette collection Ailleurs que Philippe Lutz signe plusieurs romans, notamment L’Amour de la marche.

 Amour de la marche Philippe Lutz recto verso

« Moi, j’préfère la marche à pied… » Boris Vian

 

Dans L’Amour de la marche, Philippe Lutz se lance dans une réflexion très vaste sur le plaisir de marcher. Il base sa réflexion sur son histoire et son expérience personnelle de marcheur à travers des passages biographiques. Il raconte que sa passion pour la marche lui est venue de son père, lui-même grand marcheur. « Pas de sac à dos, pas de gourde, pas de barre de céréales, rien : il partait les mains dans les poches, il marchait léger, des semelles de vent. » Il nous livre son histoire de marcheur, les raisons qui l’ont poussé à suivre les traces de son père et à partager cette passion de la marche. Il nous emmène sur les sentiers alsaciens pour ensuite l’accompagner dans les Alpes en passant par Katmandou et jusqu’au mont Koronos. On découvre l’évolution de la marche en Alsace, dans le traçage et le balisage des sentiers des Vosges jusqu’à la communication autour des randonnées à travers des publicités des années 1950. C’est un héritage paternel qu’il nous raconte dans L’Amour de la marche à travers des anecdotes touchantes et émouvantes sur un père passionné de randonnées, dont la marche était pour lui une véritable raison de vivre, un besoin quotidien. « Aussi longtemps qu’il me souvienne, mon père a toujours marché. (…) Le dimanche, ou en vacances, dès qu’il le pouvait, il s’éclipsait après le déjeuner, changeait de pantalon, chaussait ses godasses de marche et demandait si cela ne gênait pas qu’il parte se promener. “ Je vais faire un tour, je serai rentré pour cinq heures. “. »

 

L’Amour de la marche : la bible du marcheur

 

Mais s’il se base sur son amour personnel pour la marche, sur cet héritage paternel et sur son expérience de marcheur, Philippe Lutz nous offre un véritable essai sur la marche et ses pratiques. Il accompagne son expérience et ses anecdotes personnelles de réflexions parfois philosophiques, parfois littéraires, parfois historiques, parfois plus pragmatiques. Il décortique le mot pour rendre compte de l’importance intrinsèque de la marche : « Peu de mots dans notre vocabulaire ont d’ailleurs autant de connotations positives que le verbe “marcher“. » Il cite Rousseau, grand promeneur romantique. Il nous dévoile sa bibliothèque de marcheur, notamment Relation d’un voyage du Levant fait par ordre du roy, de Pitton de Tournefort et publié en 1717. Philippe Lutz, dans son livre, se permet des digressions, des détours dans une démarche pédagogique et d’amoureux de la marche, comme s’il souhaitait ne perdre aucune miette de tous les bienfaits de la marche et de tout son bonheur de marcheur. Une sinuosité dans sa réflexion pour traduire au mieux le fonctionnement même de la marche. Une manière de se promener dans tous les dérivés du marcheur, dans tout ce que marcher implique.

Bernard Plossu - Jacques Camborde marchant dans les Pyrénées

L’Amour de la marche est accompagné de photographies de Bernard Plossu prises ici et ailleurs. Une façon, par l’image également, d’inviter au voyage. Le livre nous fait voyager, à travers l’Alsace d’abord, ses sentiers et son histoire, mais à travers les pas de Philippe Lutz et toutes ses réflexions. L’on revit avec lui ses nombreuses balades ici contées, on le suit à travers ses questionnements et ses raisonnements de marcheur. Il nous livre avec sincérité toutes ses pensées de marcheur. Un témoignage riche, touchant et singulier.

Philippe Lutz nous livre une véritable bible du marcheur. Un livre qui entretient la flamme de l’amateur de randonnées et qui donne indubitablement envie au novice d’enfiler ses premières chaussures de marche et de se lancer sur les sentiers les plus proches. L’Amour de la marche, l’hymne d’un marcheur pour sa passion. « Marcher, c’est laisser des traces. »

 

 

Texte : Camille Grossiord