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Déambulation parmi les « Femmes fatales » de Tomi Ungerer 30/04/2014

Zoom sur l'exposition actuellement présentée au Musée Tomi Ungerer, consacrée à ses représentations féminines


Les « Femmes fatales », thème qui traverse son œuvre

Le nom de l'exposition, « femmes fatales », n'a pas été choisi au hasard mais fait référence à un ouvrage de Tomi Ungerer, paru en 1986. Si le titre de cet album est au singulier, Thérèse Willer – conservatrice du musée – et son équipe l'ont détourné en ajoutant un pluriel. Cette légère modification est pleine de sens et évoque subtilement le vaste panel de figures féminines esquissées par l'illustrateur. En effet, qu'il le malmène ou lui fasse honneur, le thème de la femme est omniprésent et traverse son œuvre, quel que soit le type de support employé, du dessin à la sculpture.

Si une telle appellation prête à confusion, précisons que cet accrochage ne se contente pas de présenter des femmes « fatales » mais décline l'image féminine sous de multiples facettes : les dessins, parfois réalistes, souvent satiriques, représentent les différents âges de la vie, des bourgeoises en représentation, des femmes hybrides ou animalisées, des visions érotiques, des personnages provocants et aguicheurs, grimaçants, exubérants... Indéniablement, un tel panel méritait qu'on s'y attarde.


Les œuvres exposées, échantillon représentatif d'une vaste production

Cette exposition rétrospective réunit près de 200 dessins et offre ainsi un panorama riche et varié des « femmes fatales » dans l’œuvre d'Ungerer. Néanmoins, soulignons que ces œuvres ne constituent qu'une infime partie des fonds du musée. Aujourd'hui âgé de 82 ans, Ungerer s'investit dans l'illustration dès sa jeunesse. Fils d'un dessinateur certes amateur mais de talent, il baigne dans cet univers depuis son enfance et entre à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 1953. Quatre ans plus tard, il publie son premier ouvrage, Les Mellops font de l'avion. Depuis, il n'a cessé de s'investir dans de nombreux domaines des arts graphiques. En résulte une production des plus conséquentes, estimée à 20 000 dessins ! Au vu de ces chiffres, l'accrochage consacré aux « femmes fatales » ne peut être exhaustif et doit se borner à un échantillon aussi représentatif que possible.

L'exposition présente tout type de supports : de nombreuses esquisses aux formats variés – publiées ou inédites – mais aussi des projets publicitaires, des affiches de théâtre, des carnets de croquis... Une telle compilation rend compte de l'ampleur de son travail et permet de rappeler que s'il s'est longuement consacré à la presse et à l'édition, Ungerer a également réalisé de nombreuses collaborations.

On découvre de nombreux dessins en noir et blanc, tracés au crayon gras ou à l'encre de chine et rehaussés de quelques touches à l'encre de couleur : des notes roses, violettes ou bleues font ressortir une bouche, un accessoire, les yeux, le sexe ou les paupières. Attirantes, repoussantes, risibles, toutes sortes de femmes sont réunies ici.


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Une scénographie sobre et épurée

L'exposition est répartie en plusieurs espaces, permettant ainsi aux visiteurs de découvrir différents univers graphiques au fil des salles. Néanmoins, la scénographie affiche une grande cohésion : la blancheur immaculée des cadres, murs et cimaises, conjuguée au noir et blanc dominant des illustrations, donne une ambiance et un accrochage élégants, sobres et épurés.

Si la majorité des œuvres est concentrée au premier étage du musée, on retrouve des échos au thème dans les étages inférieurs, notamment au rez-de-chaussée avec la série Clic-clac. Mêlant les techniques du dessin et du collage, ces pièces aux notes humoristiques déclinent plusieurs portraits féminins. Au rez-de-jardin sont exposés les dessins érotiques et libertins.


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Afin de préserver les œuvres et d'éviter leur détérioration, il est interdit de prendre des photographies dans l'enceinte du musée. Nous ne pouvons donc malheureusement livrer un aperçu inédit de l'espace d'exposition.


La visite à travers l’œuvre de Tomi Ungerer et ses « femmes fatales » se clôt sur une autre vision de la femme, un point de vue féminin cette fois, celui d'Élisabeth Schrader. Contemporaine d'Ungerer, née en 1935 et diplômée des Beaux-arts de Cassel en 1959, cette artiste allemande représente les femmes dans leurs activités quotidiennes, passant l'aspirateur ou se promenant avec les enfants, ou, au contraire, comme des figures héroïques, légendaires et mythologiques. Ses dessins à la plume sont chargés de rayures, hachures et détails, et s'éloignent ainsi du trait minimaliste qui caractérise nombre de dessins d'Ungerer. Mettre en parallèle ces deux interprétations de qualité permet d'autant mieux de percevoir et d'apprécier la finesse et l'originalité du travail de Tomi Ungerer.


Où et quand ?


« Tomi Ungerer : Femmes fatales »


Jusqu'au dimanche 29 juin 2014


Musée Tomi Ungerer – Centre international de l'Illustration

2 avenue de la Marseillaise à Strasbourg

Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h


Plus d'infos sur le site des Musées de Strasbourg.

Pour en apprendre davantage sur Tomi Ungerer, rendez-vous sur son site internet.


Nouvelle parution pour Jean de la Lune (1966), personnage emblématique de l'illustrateur : les Éditions La Nuée Bleue sortent une nouvelle version de cet album, désormais en alsacien. En librairies dès le 9 mai !


Texte : Zoé Fugler