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Hans Christian Andersen

Ces amoureux de l'Alsace #4 - Hans Christian Andersen 29/07/2014

Zoom sur les séjours à Strasbourg d’Hans Christian Andersen, le conteur le plus lu au monde.

Né le 2 avril 1805 à Odense, au Danemark, Hans Christian Andersen grandit dans une famille très pauvre, entre une mère « simple d’esprit » et un père cordonnier qui passait ses dimanches à lui lire les contes Des Milles et Une Nuits. L’origine de son goût pour ce genre littéraire ?

Au décès prématuré de son père, il fut pris d’affection par deux voisines chez qui, selon ses dires, il découvrit la poésie comme une chose sacrée. A l’école, il se découvrit une aisance pour la déclamation et le chant. Dès lors, il se mit à rêver à un autre monde, un monde de lettres et de livres, bien loin de ce monde qui l’a vu grandir. Très tôt, il comprit que le voyage serait bénéfique dans cette quête d’un nouveau monde et d’une nouvelle vie. Conscient que la petite ville d’Odense ne lui permettrait pas de parvenir à ses rêves, il visa Copenhague. Il quitte son foyer à 14 ans pour la grande ville, dans le but ultime d’accéder à la gloire littéraire.

 

« Ma vie est un beau conte de fée, riche et heureux »

 

Un diplôme de philologie et de philosophie en poche, il part en 1830 à la découverte de l’Europe. Ces voyages seront pour lui l’occasion de côtoyer les grands noms du paysage littéraire et culturel de l’époque. A Paris, il rencontrera Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine et Alfred de Vigny, tant de personnes qui appuieront son ambition littéraire.

Il profite de ses voyages pour écrire, composer ses contes ou parfois des petits romans. Il rencontre son premier succès avec la publication de son premier ouvrage en 1830, Voyage au pied du canal de Holmen à la pointe orientale d’Amager.

Il s’essaie alors aux contes, toujours désireux d’accéder à la gloire littéraire : « Dans un petit pays, le poète sera toujours un homme pauvre. La gloire est par conséquent l’oiseau d’or dont il doit avant tout chercher à s’emparer. Nous verrons bien si c’est en racontant des contes que je l’attraperai. » Il avait vu juste !

C’est en 1835, à trente ans, qu’Hans Christian Andersen accède à la gloire avec la publication de son premier recueil de contes pour enfant. Le succès est immédiat. Dès lors, il enchaine les publications, au rythme d’un volume par an. Il publie l’un de ses contes les plus célèbres en 1842, Le Vilain Petit Canard, conte autobiographique : laid et hypersensible, seul et célibataire, il se décrit à travers cette figure du vilain petit canard. Puis La Reine des neiges, La Petite Fille aux allumettes, etc. ses diverses contes parviennent à le sortir de l’ombre.

 Le Vilain Petit Canard dessin par Vilhelm Pedersen


La Chose la plus incroyable : l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg ?

 

C’est dans ce contexte de renommée qu’Hans Christian Andersen arrive pour la première fois à Strasbourg.

Le 8 mai 1943, Hans Christian Andersen se rendit de Paris à Strasbourg en diligence. Il relate ce voyage en mauvaise compagnie de deux strasbourgeois, un père et sa fille, dans son journal : « Ils n’arrêtaient pas de s’empiffrer de gâteaux aux prunes et au chocolat. »

Tout comme Victor Hugo et beaucoup avant lui, Hans Christian Andersen fut impressionné par la cathédrale de Strasbourg : « On visita la cathédrale qui est très grande et qui a des fenêtres peintes en de multiples couleurs. Et une horloge géniale. Ensuite, on alla à l’église Saint-Thomas. (…) Ensuite, on alla voir les monuments de Kléber et de Gutenberg.»


Maison rouge place Kleber archives de Strasbourg

Andersen revint deux autres fois à Strasbourg, entre 1857 et 1867. Il nota dans son journal son dernier séjour dans la capitale alsacienne en 1867, alors âgé de 62 ans : « Le train roulait à grande vitesse. La route était belle. Les montagnes de la Forêt-Noire. Soleil chaud mais air frais. Je souffrais de la soif, mais on ne reçut rien à boire avant Strasbourg. On nous demanda nos passeports et nous descendîmes dans un vieil hôtel : la Maison Rouge. (…) La vieille cathédrale ne se fait pas de soucis pour notre visite de demain, elle est habituée à recevoir des visites aussi bien des grands de la terre que de toutes petites gens. Ils ont fait inscrire leurs noms sur les cloches dans l’espoir qu’ils résonneront à travers le vaste monde – mais ce sont des morts-nés et ils rouillent sur les cloches. La soirée est belle. Nous sommes en France. Je suis jeune de 62 secondes dans une année éternelle. (…) Après bien des détours, nous finîmes par arriver à la Cathédrale qui semblait conçue comme une seule pièce de fonte, avec des sculptures de pierre en filigrane. Copie de beauté de l’art gothique avec des colonnes si fines qu’elles rappellent des fuseaux de flèches. Il était dix heures et les figurines bougeaient dans l’horloge. La mort frappa la cloche. L’ancienne heure s’en alla et la nouvelle apparut comme un enfant au seuil de la vie. Dehors le soleil était brulant. »

 Cathedrale de Stasbourg horloge astronomique

Plus que la cathédrale en elle-même, c’est l’horloge astronomique qu’elle abrite qui semble fasciner Andersen. D’ailleurs, quand certains auteurs affirment que l’un de ses contes, La Chose la plus incroyable faisait référence à la guerre franco-allemande de 1870, un spécialiste d’Andersen, Marc Auchet précise : « Le récit La Chose la plus incroyable a été écrit à Copenhague au printemps 1870. (…) Un commentateur a pensé que ce conte faisait référence à la guerre franco-allemande de 1870, mais celle-ci ayant été déclarée en juillet, son interprétation ne peut pas être retenue. Andersen a précisé lui-même que ce récit s’appuyait sur une expérience vécue. L’excellente édition scientifique des Contes d’Andersen signale qu’il doit s’agir d’un souvenir de voyage et mentionne un passage des journaux intimes d’Andersen, à la date du 6 septembre 1867, où il cite brièvement l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. »

 

Après Victor Hugo, Andersen souligne un autre aspect fascinant de la cathédrale de Strasbourg, son horloge astronomique. Parfois, un bond dans l’Histoire littéraire permet la redécouverte d’un joyau au cœur même d’une ville, un joyau qui aurait inspiré un conte à l’un des plus grands conteurs de tous les temps.