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"À l'Est, du nouveau !" au musée Archéologique 27/02/2014

Jusqu'au 31 décembre, venez découvrir l'exposition sur la Grande Guerre au Palais Rohan.


Pour la commémoration du centenaire de la Première Guerre Mondiale, le Musée Archéologique propose l’exposition « À l’Est, du nouveau ! ». Organisée par le Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan et les Services Régionaux de l’Archéologie de l’Alsace et la Lorraine, elle permet de découvrir une nouvelle forme de l’archéologie : celle des conflits contemporains. Cette nouvelle branche de l’archéologie apporte des perspectives inédites dans l’approche de la Grande Guerre. Toutes ces découvertes permettent d’avoir des indications précieuses sur la vie quotidienne des combattants en période de guerre qui viennent compléter les premières sources plus « classiques ». Mais elles apportent également de grandes connaissances sur les aménagements militaires élaborés à l’époque. Ces nouvelles découvertes viennent enrichir nos premières connaissances apportées par les peintures et photographies d’époque, les archives allemandes et françaises et les romans de guerre d’auteurs tels que Barbusse, Genevoix ou encore Dorgelis.

L’Alsace et la Lorraine sont des territoires privilégiés pour ces fouilles archéologiques : ces régions ont constitué l’un des enjeux du conflit. En Alsace, deux sites sur des positions fortifiées surtout ont apporté grand nombre d’informations et de découvertes. Dans le Bas-Rhin, le site de Geispolsheim « Schwobenfeld » et Carspach « Kilianstollen » dans le Haut-Rhin.


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L’exposition offre un premier bilan sur toutes ces recherches. Elle dévoile toute une série d’objets qui apportent énormément d’informations sur la vie quotidienne dans les tranchées. Ces découvertes sont les plus novatrices. Elles ont permis d’en apprendre beaucoup sur le fonctionnement et la vie des combattants dans les tranchées de première ligne mais également dans les cantonnements de l’arrière-front, notamment grâce aux fouilles des dépotoirs situés à proximité des sites militaires. Tous ces objets découverts éclairent sur les habitudes alimentaires et sur les boissons consommées par les soldats : des bouteilles en verre, bouteilles d’eau, de bière et de vin. Des couverts – fourchettes, couteaux, cuillères – ainsi que des ossements d’animaux retrouvés au sein même des tranchées permettent d’en savoir plus sur leur alimentation. Nous découvrons également les moyens mis en œuvre pour lutter contre la pénurie ainsi que les sources d’approvisionnement en denrées alimentaires.


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Mais les fouilles archéologiques apprennent également beaucoup sur l’hygiène des combattants : des peignes et des rasoirs ont été retrouvés mais également des flacons de médicaments permettant aux historiens d’en savoir davantage sur les infections et maladies qui touchaient les combattants. Des flacons pour lutter contre les parasites révèlent des problèmes d’invasions de rats qui constituent une nouvelle source de dangers concernant l’hygiène des soldats. Ces fouilles ont également permis d’en apprendre plus sur l’habillement des combattants et sur leurs « passe-temps » pendant les périodes « d’accalmie » entre deux assauts : les soldats recevaient des lettres et des colis de leurs proches. Des carnets ainsi que des journaux de tranchées, des jeux de cartes, de dés, de dame ont été retrouvés. Toutes ces découvertes apportent énormément d’éclairages sur la vie quotidienne des combattants.

 

Cette nouvelle archéologie des conflits a également permis de développer les connaissances sur les croyances et rites funéraires au sein même des tranchées. La découverte de corps de soldats, parfois directement sur les champs de bataille, révèle de la violence des combats – en plus de l’état même des corps… - qui ne permettaient pas de « prendre le temps » d’honorer dignement les défunts. Des fosses communes ont été retrouvées, ainsi que des corps enterrés dans des trous d’obus, parfois même laissés sur place entre des tranchées. Plus loin du front, des cimetières provisoires ont été établis avec des croix de fortune en bois, parfois remplacées plus tard par des stèles sculptées.

 

L’archéologie a également permis de mettre à jour les aménagements militaires et d’identifier des structures très diverses. La découverte de centaines de kilomètres de tranchées rend compte de la densité du réseau de voies de circulation. Des galeries de mines sous les premières lignes ennemies ont révélé de véritables travaux de sape. Les matériaux retrouvés permettent de mieux se rendre compte de tous ces aménagements : bois, béton et même l’électricité étaient utilisés sur le front, comme en témoignent des vestiges de câbles et d’éléments relatifs à l’électrification.  

 

Ces découvertes archéologiques sont extrêmement précieuses pour nos connaissances historiques. La vocation de l’exposition est de faire découvrir et prendre conscience de la richesse archéologique de notre région. Elle cherche à mettre en avant la préservation de ces sites, trop souvent menacés par des travaux d’aménagement ou par des pillages. L’isolement de ces sites les rend fragiles et à la portée de tous. L’exposition « À l’Est du nouveau ! » prouve que ces objets sont de véritables preuves historiques et constituent des pièces de musées. Les sites de la Grande Guerre, ainsi que les différents objets susceptibles d’y être trouvés, nécessitent le plus grand respect.

 

« À l’Est, du nouveau ! » s’inscrit dans le cadre des commémorations de la Première Guerre Mondiale. Elle est à découvrir jusqu’au 31 décembre 2014 au musée Archéologique du Palais Rohan. Un catalogue richement illustré et établi par les Éditions des Musées de Strasbourg accompagne cette exposition.


www.musees.strasbourg.eu


Texte : Camille Grossiord