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Traduction et édition 24/10/2013

Le traducteur, un rouage essentiel de l'édition.





Comment lire sans traduire?


Decouvrir _IA_Traduction


Ou plutôt comment faire lire sans traduire, puisque c'est actuellement le cœur du lien entre édition et traduction.


Le livre, s'il est toujours le reflet, d'une époque, d'une culture et d'une pensée a en effet vocation, la plupart du temps, à être lu au delà de ses frontières géographiques et temporelles. Le livre est une trace, un témoignage.


Le rôle de la traduction est alors extrêmement important pour la vie d’un livre : sans traduction, un ouvrage serait condamné à n’être lu que par les lecteurs en maîtrisant la langue.

S’il est évident que la possibilité de lire un livre dans la langue dans laquelle il a été écrit est toujours une expérience extrêmement enrichissante, force est de constater que ne lire que dans les langues que l’on maîtrise parfaitement revient nécessairement à se fermer des portes en matière de lecture.

Dès lors qu'un auteur veut toucher un public le plus large possible, la question de la traduction entre nécessairement en jeu.

Le traducteur a ainsi une double responsabilité: celle de transmettre le caractère unique de l'écriture d'un ouvrage, sans en modifier la teneur à un quelconque niveau, tout en rendant le texte initial suffisamment lisible pour les lecteurs qui liront dans la langue de traduction.

Le traducteur doit pouvoir faire preuve d'une grande souplesse d'écriture pour rendre compte, à la fois de la subtilité du texte de base, tout en rendant accessible les références culturelles. Se pose alors une question à laquelle tous les traducteurs ont été confronté à un moment: faut-il traduire ou non les références culturelles et si oui: comment?



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En temps que lecteur aussi bien qu'en tant que spectateur, nous avons tous déjà rencontré ce problème, par exemple dans des récits anglo-saxons où la traduction des nom des différents types d'établissements scolaires pose systématiquement problème : en effet aux États-Unis, le Junior High correspond à notre collège et le Senior High au lycée, quand le College n'est autre que l'université. Comment dès lors bien traduire un texte, de telle sorte que le College ne devienne pas le collège, ce qui serait sans doute le pire écueil, sans toutefois gommer les spécificités culturelles qui font que le campus américain d'un College ne ressemble en rien à celui d'une université française ?


Ces interrogations, tous les traducteurs ont dû se les poser au moins une fois, pour la bonne et simple raison qu'elles ne sont pas propre à une langue ou à une culture, mais qu'elles sont proprement constitutives du métier de traducteur.


Si traduire, c'est rendre le texte tel quel sans rien y ajouter, ni rien en retirer, alors le traducteur n'a finalement à fournir qu'une traduction parfaitement littérale, traduction qu'à terme, un ordinateur pourra sûrement fournir lui aussi, nettement plus rapidement.

Cependant, pour nous être déjà tous retrouvé face à une traduction médiocre opérée par ordinateur sur un support trivial (« handle with care », c'est à dire « à manipuler précautionneusement » devenant par magie « poignée avec le soin »), force est de constater que la technologie ne nous permet pas encore de remplacer les talents de nos traducteurs... a fortiori en matière de littérature !


HandleWithCare


La traduction comme le traducteur jouent alors un rôle primordial dans le processus éditorial : une traduction inadaptée pourra décevoir le lectorat initialement concerné par l'ouvrage et influer directement sur le succès d'un livre donné en réduisant le nombre de lecteur que pourra toucher un ouvrage.

Ce rôle est d’autant plus important que le choix du traducteur et la qualité de la traduction va influencer la perception du livre à l’étranger. Cela a des conséquences directe sur l'ouvrage, naturellement, mais aussi sur les futures publications de l'auteur ou de l'éditeur.



Il est donc tout particulièrement important que le traducteur soit à la fois suffisamment au fait des thèmes abordés dans l’ouvrage pour pouvoir en rendre compte comme il se doit, tout en restant suffisamment neutre pour ne pas gommer les spécificités de l’écriture de l’auteur, afin de donner toutes ses chances au livre traduit, car si une mauvaise traduction peut faire l'insuccès d'un livre, une excellente traduction ne suffit pas pour lui assurer une bonne réception du public.



Rédaction: Aurore Morizot