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peintre éventail

Sonorités nippones 26/02/2013

Rencontre avec Hubert Haddad, auteur du magnifique Peintre d’éventail, à la Librairie Quai des Brumes.

Né à Tunis en 1947, Hubert Haddad est l’auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages de tous genres : poèmes, récits, nouvelles, romans…
Artiste engagé et homme libre, Hubert Haddad s’exprime à travers une œuvre vaste et diverse. Il a reçu le Prix Renaudot Poche et le Prix des Cinq continents de la francophonie pour son livre Palestine.

Il revient cette fois avec un livre aux sonorités nippones, Le peintre d’éventail, roman accompagné d’une œuvre entièrement composée d’haïkus, Les haïkus du peintre d’éventail.
Le haïku fut créé par le poète Masaoka Shiki à la fin du 19ème siècle. Il s’agit d’une forme poétique nippone dont la création au 17ème siècle est attribuée au poète Basho Matsuo. Il s’agit d’un petit poème d’une extrême brièveté, qui ne dit que l’évanescence des choses.
Symbole de l’âme nippone, le haïku incarne bien la sensibilité japonaise, toujours sobre et raffinée.

Fasciné par le Japon, Hubert Haddad s’est intéressé de près à cette civilisation toujours sur le qui-vive et tributaire des aléas environnementaux d’un sol instable.
L’auteur raconte avoir vécu l’écriture de cette histoire comme un état curieux, une vie antérieure ou parallèle qui l’aurait momentanément privé de tous ses autres repères identitaires.
L’onirisme a toujours un caractère dominant dans les œuvres d’Hubert Haddad et, selon lui, le romancier peut plus sûrement recréer un monde grâce à ce travail de l’imaginaire et du rêve, ce qu’il appelle « ses pouvoirs quasi hallucinatoires », que dans une relation d’observateur.

Résumé


L’histoire se passe au fin fond de la contré d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu. Un jeune homme, Matabei, a fui dans ce lieu isolé pour échapper à la fureur du monde : il vient en effet de causer la mort d’une jeune fille dans un accident. Il trouve refuge dans la paisible pension de Dame Hison, une ancienne courtisane. Matabei fait alors la connaissance de personnages singuliers et fantasques. Les pensionnaires de dame Hison sont, à l’instar du jeune homme, des solitaires marqués par un drame lié à l’histoire récente du Japon.
Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Matabei y passe ses journées et s’attache peu à peu au vieux jardinier, Osaki, et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Le vieil homme lui enseigne son art, l’initiant à l’esthétisme épuré japonais, source d’apaisement et d’équilibre salutaire pour son jeune disciple. Mais lorsque qu’une jeune femme apparaît, puis que la violente nature reprend le dessus (Fukushima 2011), l’harmonie du jardin japonais s’avère bien vite trompeuse, en proie aux déchirements et aux passions.

Hubert Haddad met en évidence la beauté crue d’une nature indomptable. Le temps semble figé et le lecteur se trouve plongé dans la contemplation triste et mélancolique d’un monde qui se désagrège, mais dont l’essence délicate et la grâce demeurent.

 

                                          hubert hada

Le peintre d’éventail d’Hubert Haddad. Zulma, 2013. 192 pages. 17 euros.


Coin presse

« Un conte japonisant (qui) ne demande rien d'autre que d'être lu et prend par la grâce de sa simplicité, l'évocation de ses images et le remuement intime qu'il suscite. » Frédérique Roussel, Libération.

« Conjuguant l’empathie pour les terres meurtries et la célébration de la beauté crue, Hubert Haddad compose le chant d’une nature suppliciée. » Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des livres. 

Où et quand ?

Librairie Quai des Brumes
Mercredi 13 mars à 18h45.