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Des décombres 21/04/2013

Le Maillon-Wacken accueille le photographe Guillaume Greff dont la réputation n'est plus à faire.

Guillaume Greff, né en 1977, il a fait ses études à ce que l'on nommait anciennement l'université Marc Bloch de Strasbourg et il est titulaire d'un master en art. Très rapidement son originalité est repérée et lui permet d'exposer de Paris à Berlin en passant par le grand Est.

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Le dada de Guillaume Greff est de travailler sur les paysages, mais les paysages transformés par l'Homme, voire malmenés parfois. Les paysages qu'il nous montre son des lieux de transition, des seuils qui lient l'intemporel à l'accidentel afin de nous présenter des lieux à la limite de la construction humaine mais aussi nourrie par la puissance démiurgique de la nature qui reprend ses droits. Guillaume Greff s'intéresse particulièrement à ces lieux interchangeables, ces lieux qui sonnent comme des décors extraordinairement pauvres et désincarnés. Des lieux donc qui deviennent symbole des temps actuels.


De manière toute aussi déroutante, les habitations qu'il nous donne à voir semblent elles aussi désertées par l'Homme, personne n'est là pourtant on y vit. Le malaise est là, devant ces nouvelles villes fantômes. On dirait bien que Guillaume Greff a réussi à saisir la post-modernité dans le lot commun qui est devenue sienne : le vide. Les bâtisses et plus profondément le travail de façonnage de l'Homme nous plonge dans un temps intemporel que rien ne parvient à définir : voici un monde pris dans les filets de l’insondable et aux prises de la désaffectation devenu nouveau principe de composition.

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Guillaume Greff semble faire de ses photos des présentations dénuées de toute esthétisation ; il se contente impassiblement de montrer. Cette absence de stylisation est paradoxalement la marque de Guillaume Greff, son style. A nous d'imaginer ensuite car la photo prend un malin plaisir à ne rien dire de plus que ce qu'elle montre. Pourtant, dans les détails intimes des clichés de Guillaume Greff se cachent la sensibilité du photographe. Georges Didi-Huberman écrit à ce propos "On ne peut donc jamais dire : il n'y a rien à voir, il n'y a plus rien à voir. Pour savoir douter de ce qu'on voit, il faut savoir voir encore, voir malgré  tout. Malgré la destruction, l'effacement de toute chose. Il faut savoir regarder comme regarde un archéologue. Et c'est à travers un tel regard - une telle interrogation - sur ce que nous voyons que les choses commencent de nous regarder depuis leurs espaces enfouis et leurs temps enfuis."

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Pour Guillaume Greff, dont l’œuvre ne lasse pas de susciter des commentaires, la photographie ordonne l'apparent désordre du monde afin de pouvoir y trouver sa place en tant qu'individu. Le regard que l'on pose sur ces photos est toujours frontal alors même que l'on tente de prendre un peu de distance.

L'exposition présentée par la Chambre, association photographique à Strasbourg, parle du projet Verna en ces termes « Guillaume Greff présentera en parallèle à ses recherches paysagères son dernier projet réalisé dans la ville artificielle de Jeoffrecourt, créée pour l’entraînement militaire - sorte de maquette grandeur nature du théâtre d’opérations armées - cité idéale, mais du point de vue de la police ou de l’armée. »


Où et quand ?
Le Maillon (en partenariat avec la Chambre)
Hall 1
Wacken
Strasbourg
Jusqu'au 31 mai
Du mardi au vendredi de 17h à 20h
De 17h à 23h les soirs de spectacle
Fermée pendant les vacances scolaires
Plus de renseignements :http://www.guillaumegreff.com/

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