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Cinq questions à Renée Hallez 21/07/2013

Renée Hallez revient avec son dernier polar, la Dixième Plaie. Nous avons eu le plaisir de lui poser quelques questions sur ce roman mais aussi sur son écriture et sur son œuvre.


Pourquoi le polar ?

Une souris verte, son premier roman n'est pas véritablement un polar, en tout cas pas pour elle. C'est une histoire réelle sauf que l'imagination portant, elle y a ajouté des meurtres. Ensuite, pour la publication, les choses ont défilées presque d'elles-mêmes. En effet, Renée Hallez est partie à la recherche d'un éditeur mais sans avoir conscience du « genre » de son livre. Un premier éditeur lui a justement dit qu'il ne pouvait pas prendre son livre car c'était un polar. Fortuitement, elle rencontre alors plus tard l'éditeur de Batsberg qui décide de publier son roman dans la section polars régionaux. Un peu surprise malgré tout, elle trouve à ce moment-là ce qui va devenir sa voie d'écriture : le roman policier. Pourtant, ce n'était a priori pas le type de romans qu'elle lisait le plus. Auparavant, elle avait simplement lu Georges Simenon et Agatha Christie mais ne s'était pas intéressée outre mesure au polar.


Qui est Françoise Poisson, cette héroïne qui revient désormais dans les romans ?

Pour le nom, Renée Hallez dit ne pas savoir d'où il lui est venu, peut-être du film Un poisson nommé Wanda de Charles Chrichton. La seule chose dont elle est certaine est le fait que Françoise est une figure directement issue de son inconscient. Les traits du personnage n'ont jamais été préétablis, son caractère s'est mis en place au fil de la plume. Cette contrainte invisible a obligé l'auteur à relire son roman pour qu'il y ait une cohérence dans le personnage, pour qu'il puisse se construire solidement. Françoise Poisson n'est pas une héroïne typique, née en 1948, célibataire, sans enfant, elle mesure 1m80 et pèse 75kg. Ce qui intéresse avant tout Renée Hallez dans la construction de ses personnages est leur rapport à l'humain, et c'est ce qu'elle admire dans le personnage du commissaire Maigret. Les personnages de Renée Hallez se dessinent et se reflètent dans des gens de la vie réelle, dans des gens que notre auteur a rencontrés. Ces gens croisés un peu partout sont ré-introduits et nourris par un réel transfiguré qui tient tête à l'imaginaire. Un personnage regroupe de cette façon toute une vie et ceux qui l'ont peuplée. Pour développer ce rapport à autrui, notre auteur a entiché Françoise Poisson d'un ancien juge d'instruction dont le mystère qui l'entoure devrait se dévoiler dans les prochains romans. Notre auteur nous montre que le travail en équipe prime dans la résolution des enquêtes mais aussi que le rapport à l'autre est véritablement ce qui fonde l'humain.


souris


Quelle genèse pour les polars ?

Au départ, Renée Hallez avoue franchement ne pas savoir où elle va ni même qui elle va tuer et qui va tuer dans ses romans. Toutefois, un geste récurrent appelle l'écriture. Tout commence par un coup de colère, une révolte. Elle ne prend donc aucune note et ne modèle pas son roman à venir par une armature puisque l'inspiration lui vient au fil de la plume. Ainsi, elle nous confie qu'après avoir relu une souris verte elle a voulu faire des changements mais que d'infimes modifications poussent toujours à d'autres modifications afin que perdure la cohérence de l’œuvre. La contrainte devient alors lourde. A la fin, il y a donc peu de modifications, le livre tient de lui-même dès le premier jet. La structure de base n'est alors pas modifiée, seuls d'infimes détails sont retravaillés ce qui laisse à l'auteur une grande liberté et la possibilité de se surprendre elle-même car elle l'avoue, son premier lecteur c'est elle. Elle se demande elle-même ce qui va se passer dans son roman. De plus, elle nous dit écrire facilement, se laissant bercer par son inconscient et par l'instant présent. Ainsi, son dernier polar la Dixième Plaie a été commencé il y a 3 ans mais suite à certains problèmes il n'a été continué qu'un an et demi plus tard. Toutefois, c'est avec un plaisir non feint que Renée Hallez nous dit qu'elle a pu recommencer ce roman là où elle avait arrêtée la rédaction simplement en relisant les dernières phrases.


Et la Dixième Plaie ?

A l'origine de ce livre il y a le maire du Howald qui déplore au détour d'une conversation avec Renée Hallez, l'absence de romans sur le Howald. Elle est alors conviée par le maire à passer quelques jours dans ce beau village pour décider ou non si il y a possibilité d'en faire le cadre d'un roman. Elle visite alors pendant 8 jours le village, prend des photos et s'imprègne de son atmosphère. Finalement, le Howald sera le centre géographique de son roman. Après le cadre il a fallu développer le contenu. Au cœur de la Dixième plaie se niche une histoire de famille. Un personnage (pour savoir lequel rien de mieux que de lire le livre) a décidé de pousser quelqu'un à commettre des meurtres pour mettre un terme à une malédiction familiale. Une jeune fille est alors accusée à tort de ces crimes et la mère de celle-ci demande à Françoise Poisson de mener son enquête et de prouver l'innocence de sa fille.


Écrire sur l'Alsace ?

Les lieux qui laissent leur empreinte dans les œuvres de Renée Hallez sont des lieux qu'elle connaît, elle les a fréquenté et elle y retourne parfois. Ses romans sont donc ancrés dans une certaine réalité, cette réalité qui permet d'une manière ou d'une autre au livre de s'écrire. Renée Hallez explique que ses romans sont basés sur des faits réels mais qu'elle y met l'habillage du polar. La fiction est alors marqué du sceau de la réalité. L'auteur nous le dit, le réel pénètre très souvent ses écrits et dans ses romans apparaissent en filigrane des sujets de société comme le non dit familial par exemple. Ce que l'on oublie souvent, est que le bon polar en plus de ménager le suspens parle bien souvent des dérèglements sociétaux.

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Réalisé à partir d'une conversation avec Renée Hallez à qui vont tous mes remerciements.

Rédaction : Mélissa Reymann