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JC Diemer

Rencontre avec JC Diemer et son incroyable Hortus Deliciarum, tome 2 ! 26/11/2012

 Après l'incroyable succès d'un premier tome de L'Hortus Deliciarum, le manuscrit retrouvé, l'auteur alsacien Jean-Claude Diemer nous présente un deuxième tome, intitulé L'Hortus Deliciarum, Hildegarde von Bingen. Nous l'avons rencontré au Salon du Livre de Colmar.

 

Jean-Claude Diemer est encore surpris du succès de L'Hortus Deliciarum, premier tome. Sorti en septembre 2010 en auto-édition, l'auteur alsacien ne s'attendait pas à une telle réussite. Preuve en est que même deux ans plus tard, les ruptures de stock sont devenues monnaie courante chez les libraires. Depuis sa parution, ce premier tome poursuit sa route, et a même été primé par le Conseil général.
Le tome deux pointe enfin le bout de son nez chez les libraires, au plus grand plaisir de ses lecteurs !

Le prologue nous plonge in medias res dans l'univers du conte avec la célèbre formule issue des traditions populaires « Il était une fois...»
A peine quelques lignes plus tard, le lecteur pénètre dans le décor médiéval du XIIème siècle, à la rencontre de la Mère supérieure Hildegarde von Bingen et de ses compagnons de route.

L'auteur alsacien nous présente la genèse du plus célèbre manuscrit médiéval alsacien, L'Hortus Deliciarum, tout en nous faisant revisiter l'Alsace et son histoire à travers épopées romanesques, quêtes et ésotérisme.

Le salon du livre de Colmar nous a offert une belle opportunité de rencontrer cet auteur surprenant !

 

A la lecture des deux tomes de L'hortus Deliciarum , on ne peut passer outre le côté très médiéval de votre plume. Une inclinaison particulière pour cette époque ?

L'histoire m'a toujours passionné. Depuis l'âge de 13 ans je collectionne les ouvrages historiques, c'est dire ! Mais en ce qui concerne cette époque, on peut presque dire que j'ai découvert le XIIème siècle en écrivant mon roman. Il est vrai que le XIème s'apparentait pour moi à un certain obscurantisme. Quant au XIIIème, il évoquait la peste et la grande terreur des inquisitions... somme toute, rien de très réjouissant. Mais le XIIème, c'était tout à fait différent. Je me rappelais l'amour courtois, les enluminures et les cathédrales, l'avènement d'une nouvelle ère avec une démographie galopante... Toutes ces nouvelles richesses résonnaient en moi, et me fascinaient. Je me suis attelé au travail.
Certes, chaque époque a ses problèmes. Mais les tracas quotidiens traversent le temps et finalement, on se rend compte, que du XIIème au XXIème, l'homme continue à vivre dans son temps, bien sûr, mais aussi à subir les mêmes aléas de la vie quotidienne...

Pour la rédaction, j'ai exécuté un réel travail de recherche. J'ai bien sûr consulté minutieusement des livres historiques pour comprendre cette époque. Le sujet, cet Hortus Deliciarum, ce manuscrit écrit entre 1159 et 1175 me donnait un point de départ historique. Ce deuxième tome retrace la genèse de ce manuscrit. La difficulté fût de replacer mes personnages, entre ces dates imprécises données par l'histoire. Il fallait forcément plus de précisions, ce qui n'a pas toujours été évident !

 

Finalement, c'est au fil de vos recherches que votre intérêt pour l'époque médiévale et ses richesses s'est développé. Mais si vous deviez définir votre roman, de quel(s) genre(s) le qualifieriez-vous ?

C'est difficile de vouloir « ranger » mon roman dans un seul genre, car cela donnerait forcément une limite à ce que je souhaite exprimer. Ce sont des romans accessibles. Roman historique, oui, mais je ne me prétends pas le moins du monde historien. Roman de chevalerie, aussi. Ce sont des romans qui regroupent plusieurs genres. J'ai trouvé Henzel et Gretel au détour d'un fait divers par exemple. Je revisite ensuite ce conte de façon symbolique. Je crée des interférences, pas de façon sérieuse, mais pour amuser, évoquer des réminiscences au lecteur.

L'écriture est un agréable moment de solitude. Un peu comme la lecture, puisque mon principal objectif reste que le lecteur, en lisant mon roman, passe un bon moment !
C'est la raison pour laquelle sans doute, le suspense est un ingrédient essentiel à ma littérature. A la fin d'un chapitre, on doit avoir envie de lire la suite.

Ce sont aussi mes propres désirs de lecteur que je mets en jeu : quand je lis, je recherche également l'aventure, le suspense, cette situation angoissante et incertaine qui donne envie de continuer la lecture, d'aller plus loin. Et si je me relis, j'aime à retrouver tous ces ingrédients indispensables au lecteur, pour prendre du plaisir à lire.

 

Vous parlez d'une certaine solitude lorsque vous écrivez vos romans. Ce besoin d'autarcie, de vous couper du monde pour vous concentrer uniquement sur vos personnages, est-ce  l'un des éléments que vous recherchez dans la littérature ?

Oui, beaucoup de solitude. Mais elle est nécessaire. Je suis dans le scénario de mon propre film lorsque j'écris. Je m'isole du reste du monde pour vivre ce scénario pleinement, en compagnie de mes personnages. Et le temps de l'écriture, tout le reste disparaît. Mon imagination voyage, je pars d'une réalité, d'un fait divers historique par exemple, et puis, tout autour je construis ma propre fiction. Une perle trouvée au fil de mes recherches, et hop j'extrapole, tire sur la ficelle et en fais une histoire !

Après tout, quand on fait les choses avec passion, on les fait mieux ! Et je travaille énormément.

 

Et ce salon, faisons un petit bilan : comment s'est passée la rencontre avec vos lecteurs ?

Quand j'écris, je suis dans mon univers, ma petite nébuleuse romanesque, mes combats de chevalerie, et je m'amuse. C'est ce que je souhaite partager. Le choix du glossaire médiéval n'y est dailleurs pas pour rien : le but premier est bien de rendre accessible cet univers, de le rendre aimable au plus grand nombre. Et puis, quand je ne sais pas, et bien je renvoie vers les sites appropriés, avec la bibliographie. Si mon lecteur me dit qu'il a passé un agréable et joyeux moment en la compagnie de mes personnages, alors mon objectif est obtenu.
Je ne me considère de loin pas comme un écrivain. Pour moi, c'est quelqu'un qui vit de sa plume. Je suis un auteur, je raconte des histoires. Et rencontrer mes lecteurs au Salon du Livre de Colmar m'est forcément bénéfique, en plus d'être gratifiant : ils sont juges de ce que j'écris !

Les rencontres avec mes lecteurs, très différents les uns des autres, sont toujours enrichissantes pour moi. Quand on écrit, on est dans une autre dimension, et en revenant à la réalité, avoir de tels retours, c'est encourageant et c'est génial !

 

Et le « Bazar » dans tout ça, c'était après tout le thème du Salon de Colmar, qu'en pensez-vous ?

Le Bazar, c'est mon bureau quand je le regarde avant de m'atteler au travail. Le fouillis des recherches qui s'étalent un peu partout, des idées entremêlées. Quand je commence à écrire, c'est le bazar justement. Et pour mettre un peu « d'ordre », je m'amuse à me relire à voix haute par exemple. Faire jouer la sonorité, reprendre le rythme de mon écriture, cela m'aide à trouver les bons mots.

Et ensuite, tout ce bazar ça donne ça (il montre le stand où sont exposés ses deux romans) : mon stand avec les deux tomes de L'Hortus Deliciarum, les idées qui ont trouvé une voie et qui ont abouti à ces deux romans.

 

Le bilan de cette aventure...

Très positive. Enrichissante et exaltante. Malgré tout, je suis conscient que je demeure en constante recherche d'un plus. Mes romans ne sont jamais réellement achevés, il y a toujours des petites modifications à faire en plus. L'écriture est une progression constante, elle n'est pas figée dans le temps et tant mieux, car moi non plus !

 

                            Hortus Deliciarum tome 2

 

L'Hortus Deliciarum, Hildegarde von Bingen- tome 2, Jean-Claude Diemer, 20 euros.

Pour en savoir plus sur ce tome 2, rendez-vous sur sa page : http://hortusdeliciarum.over-blog.fr

De plus, Jean-Claude Diemer est inscrit dans l'annuaire des acteurs du livre en Alsace.


Et pour le rencontrer :

Rendez-vous pour une dédicace samedi 1er décembre à la Maison de la presse, à Haguenau.

Adresse : 27, grande rue 67500 Haguenau.

 

Rédaction: Camille Feireisen