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Sociétés d'histoire et mémoire collective régionale 01/07/2011

Avec près de 120 sociétés d'histoire, regroupées au sein d'une fédération, l'Alsace est la région française qui en compte le plus grand nombre. Comment expliquer cette singularité ?

Pour Gabrielle Claerr Stamm, présidente de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace (FSHAA) depuis 2008, l'Alsacien est par nature sensible à son patrimoine et à son histoire. Un passé riche et mouvementé ajouté à un patrimoine prodigieux, et l'on dispose de la matière pour que les citoyens de la région s'intéressent à leur passé. Mais est-ce bien là la seule raison qui a conduit au fil du temps à l'éclosion prodigieuse de sociétés d'histoire ?

Un parcours intimement lié à l'histoire de l'Alsace


La plus ancienne société locale remonte à 1799. Il s'agissait de la « Société Académique du Bas-Rhin ». Puis, en 1826, Mulhouse a fondé la  « Société industrielle de Mulhouse ». Six ans après, la « Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg » s'est lancée à son tour dans l'aventure.

Les préoccupations majeures des hommes qui avaient fondé les premières sociétés d'histoire portaient davantage sur des aspects scientifiques, agricoles ou artistiques qu'architecturales. Ce n'est qu'en 1855 avec « la Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace », que l'on commence à assister à une prise de conscience de l'importance des monuments historiques et de leur protection.

Ensuite, le parcours des sociétés d'histoire locales est intimement lié à l'histoire de l'Alsace, suivant les soubresauts, les oscillations de l'appartenance de cette région à la France ou à l'Allemagne.

Malgré ces conditions singulières, et grâce à des animateurs passionnés, les sociétés d'histoire se créent, résistent et continuent dans la voie qu'elles s'étaient fixée, non sans quelques difficultés, notamment pendant l'Occupation.

Que ce soit au lendemain de la Grande Guerre ou après la Libération de 1945, un renouveau se fait sentir auprès des animateurs et adhérents de ces sociétés – pour la plupart des notables et des intellectuels, mais pas uniquement des historiens – qui entretemps ont affiné, ou plus précisément, ont repositionné leur champ d'action sur la sauvegarde du patrimoine archéologique et architectural et des coutumes locales.

Études, publications, conférences, création de musées, visites guidées participent à l'animation de ces sociétés et à leur dynamisme.

Les créations dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin se font échos. Certaines d'entre elles couvrent un large territoire de plusieurs communes, alors que d'autres s'étendent sur une superficie très limitée, comme dans le vignoble haut-rhinois, où quasiment chaque localité a créé sa société, avec parfois des difficultés pour pérenniser ses activités.

La Fédération des sociétés d'histoire, organe de coordination et de promotion


Pour rassembler, réunir, représenter auprès des autorités publiques ces multiples sociétés d'histoire, une fédération, sorte de groupement de coordination et de promotion, a été instituée.  Là encore, les particularités de l'histoire régionale ont plusieurs fois induit le souffle de vents contraires. Une première fédération créée, en 1912, n'a survécu que deux ans pour cause de guerre. Une deuxième tentative a été lancée, en 1935, à une période où presque chaque année de l'entre-deux-guerres voyait une nouvelle société s'ériger. Quatre congrès successifs plus tard, le bruit des bottes se faisant à nouveau entendre, cette même fédération doit se saborder. Il faudra attendre 1952 pour qu'une troisième organisation du même nom se dessine dans le paysage alsacien.

Une crise interne d'importance entraîne, en 1978, la refondation de la fédération, avec une nouvelle structure, de nouveaux dirigeants, de nouveaux travaux d'envergure.  Cette quatrième Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace, dont le nom a été adopté en 1952, perdure aujourd'hui encore et s'inscrit actuellement dans un mode de fonctionnement optimal.

Publication des travaux de recherche


Un véritable dialogue s'est instauré entre la fédération et les sociétés locales, avec la mise en place d'un bulletin de liaison et la tenue annuelle d'un congrès des historiens d'Alsace. 

Un lien avec le public se construit lors des salons et foires du Livre qui se déroulent en Alsace, par la mise en avant des résultats des recherches associatives. 

dictionnaire-institutions-alsace-2-Lettre B

Couverture du Dictionnaire Historique des Institutions de l'Alsace - Lettre B


La Revue d'Alsace, fondée en 1834, après plusieurs essoufflements, a repris en 1978 de la vigueur, sous la direction de son rédacteur en chef, François Igersheim. La publication annuelle aborde alternativement un dossier thématique (en 2011, le 137e numéro porte sur l'histoire des boissons en Alsace) et des varia.

Parmi les autres publications, il est à citer le Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne, œuvre monumentale lancée au début des années quatre-vingt par Marcel Thomann qui réalisera quatre mandats à la tête de la fédération, avant de céder son poste en 1993. Il a fallu pas moins de 25 années de travail pour réaliser les dix volumes qui présentent les personnalités marquantes de l'histoire de l'Alsace. Marcel Thomann, président fédéral à la plus importante longévité à ce poste, initie un autre projet d'envergure : La publication d'un Dictionnaire historique des institutions en Alsace, projet qui s'est véritablement concrétisé au cours du premier mandat de Gabrielle Claerr Stamm, avec la sortie en 2010 des deux premiers fascicules correspondant aux deux premières lettres de l'alphabet. La lettre « C » paraîtra à l'automne 2011.

Gabrielle Claerr Stamm présidente de la FSHAA

Gabrielle Claerr Stamm, présidente de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace

 
Grâce à sa diplomatie, à ses qualités de gestionnaire et de femme de terrain, Gabrielle Claerr Stamm, première femme à la tête de la fédération, première non universitaire, première présidente haut rhinoise et première présidente d'une société d'histoire à avoir gravi tous les échelons internes de l'organisation, a entamé au printemps 2011 un deuxième mandat. C'est sous sa législature que la Revue d'Alsace, publication de la fédération a pu s'ouvrir à des rédacteurs issus des sociétés d'histoire, alors que jusque-là elle n'était écrite que par des universitaires.

La Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace est inscrite dans l'annuaire des acteurs du livre en Alsace.