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Livre numérique

Quel avenir pour le livre numérique ? 10/01/2011

Le livre numérique a le mérite de faire parler de lui.
De nombreux articles ont traité ces derniers douze mois des nouvelles liseuses électroniques, des craintes des acteurs nationaux du livre, de la timidité des Français, de la voracité des Américains. Mais au final que retenir de tout cela ?

Il est de tradition en début d'année dans bien des domaines de faire un bilan de l'année écoulée et de lister les bonnes résolutions pour les mois à venir. Les traditions ont cela de bon qu'elles définissent un cadre qui peut servir de point d'appui. Alors, lançons-nous dans cet exercice pour essayer d'y voir un peu plus clair.

Après une année 2009 pessimiste (débats sur la constitution de collections numériques,
« l'obsession googlienne » pour être la grande bibliothèque du monde, l'angoisse du tout numérique), 2010 a été présentée dans plusieurs articles nationaux comme la probable année de la révolution numérique.


Le marché du livre numérique

En 2010, les États-Unis ont vu leur vente d'e-books décoller avec la multiplication des modèles de liseuses électroniques. Ils tiennent haut la main la première place au monde. L'IDATE a réalisé une étude sur le marché du livre numérique, de laquelle il ressort entre autres que les pays européens, bien qu'ayant enregistré une croissance de 80%, restent loin derrière les États-Unis. Cette même étude prévoit que d'ici 2014, le livre électronique parviendra à compenser le déclin du livre papier dont les ventes baissent déjà depuis plusieurs années. Cette compensation sera, selon l'IDATE, d'autant plus perceptible que les e-books proposeront des livres autres que la présentation classique que l'on connaît jusqu'ici. Le livre homothétique ne répond peut-être pas exactement aux attentes des lecteurs. L'esprit d'un livre enrichi trouverait davantage d'intérêt.

Pour que le livre numérique puisse avoir sa place, il doit apporter des éléments innovants. De l'interactivité. Sous forme audio, video, d'annotations, de liens ou de connexions. Il doit pouvoir proposer une nouvelle relation avec le lecteur.

Si les lecteurs français ne se sont pas bousculés au cours des derniers mois vers le numérique, c'est fort probablement en raison d'une offre trop restreinte. La technologie est prête, mais le contenu pêche encore par manque d'offre éditoriale. Et puis il y a le prix. Une liseuse électronique à près de 200 euros n'est pas forcément à la portée de toute les bourses, car après il faut y ajouter le prix de l'acquisition des ouvrages numériques.

Livre numérique



Le numérique signe-t-il la fin du papier?

Que d'articles ont posé tout au long de 2010 cette question ! Mais en général, la réponse pèse davantage vers la négative. Pourquoi faudrait-il absolument que l'un supplante l'autre. La cohabitation est tout à fait envisageable.

L'intérêt du livre électronique, et de la filière du livre, est d'attirer de nouveaux lecteurs : ceux qui boudaient jusque-là l'objet-livre, parce qu'ils considèrent le livre trop cher à acheter ou parce qu'ils ne sont pas sensibles à la lecture d'un roman de 200 pages sur papier, ceux dont la vue baisse et les accros du tout numérique. Il est également plus adapté à certaines offres éditoriales : les ouvrages pratiques, les publications scientifiques, la documentation professionnelle, les romans de gare, les manuels scolaires.

Mais ceux qui trouvent du plaisir à tourner les pages d'un roman, à tapisser leurs murs de grands noms de la littérature, ceux-là resteront attachés au livre papier.

La grande avancée de 2010

Largement souhaitée par les acteurs français du livre, la baisse de la TVA, passant de 19,6% à 5,5%, pour le livre numérique a été adoptée dix jours avant Noël par le Sénat, mais ne devrait entrer en vigueur ... que le 1er janvier 2012. À moins que ! À moins que le président du Syndicat national de l'édition (SNE) n'obtienne comme il le souhaite, vient d'annoncer l'AFP le 7 janvier dernier, « une TVA à taux harmonisé dès 2011 ».

L'harmonisation de la TVA entre le livre imprimé et le livre numérique ne concerne, il ne faut pas l'oublier, que le livre homothétique, c'est-à-dire la copie numérique du livre papier. Le livre numérique enrichi reste sous la coupe de la TVA à 19,6%.


Et pour 2011, quoi de neuf ?

Certains éditeurs français sont passés ces derniers mois à l'édition 100% numérique, d'autres sont sur le point de le faire. Il y a donc fort à parier qu'au cours de cette année, des changements, des évolutions, des avancées se fassent connaître.

L'offre numérique en France devrait davantage se développer maintenant que l'on s'approche de plus en plus de l'application d'une TVA réduite. Reste à ce que chacun trouve son compte, que la filière française du livre trouve sa place et se développe, que le consommateur gagne en offre et en qualité.